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Prix Climat Social

Climat Social est un projet de dialogue sciences sociales – société qui vise à valoriser les apports de la recherche en sciences sociales portant sur les changements climatiques. Ce dialogue passe par dix conférences données par des scientifiques venus de la sociologie, géographie, anthropologie, économie, etc. Il se poursuit aussi par la retranscription de chacune des conférences en bande dessinée, grâce au travail d’artistes issus de l’École Multidisciplinaire de l’Image (ÉMI) de l’Université du Québec en Outaouais (UQO). Conférences et bandes dessinées sont désormais en libre accès sur le site du projet et sur Youtube.

Trois prix ont été créés afin de mettre en avant les différentes facettes des bandes dessinées Climat Social :

  • un Prix du Public pour souligner la capacité des BD à atteindre un public de tous âges et d’origines géographiques & professionnelles variées
  • un Prix Scientifique pour valoriser la rigueur et la synthèse propre à la BD, signe de ses atouts pour la diffusion des sciences
  • et un Prix Artistique pour promouvoir le pouvoir narratif de la BD à travers dessins, découpage des planches et textes.

Avec 154 des 378 votes exprimés, c’est Poukinie qui reçoit le Prix du Public pour sa bande dessinée L’engagement environnemental des femmes autochtones du nord circumpolaire. L’ oeuvre s’inspire de la conférence de Laëtitia Marc*, doctorante en anthropologie à l’Université Laval (Québec), et aborde le parcours militant de femmes activistes autochtones inuites et samies. Toutes nos félicitations à Poukinie !

Le Prix Scientifique revient à Camille Perron-Cormier ! Issu du suffrage des dix conférencières et conférenciers, il met en lumière la très belle restitution des études interdisciplinaires d’Hélène Rey-Valette, économiste de l’Université de Montpellier (France). La BD, intitulée Gestion intégrée des littoraux – Économie & études climatiques, aborde l’enjeu délicat de la recomposition territoriale des littoraux concernés par la hausse du niveau de la mer.

Enfin, le Prix Artistique revient lui aussi à Camille Perron-Cormier ! Le jury était constitué de Sylvain Lemay et Madeleine Stratford (professeurs à l’ÉMI), de Jérôme Dupras (en sa qualité d’artiste engagé pour l’environnement) et de Stéphane Lemardelé (bédéiste et auteur, entre autres, du Nouveau Monde Paysan au Québec et très prochainement du Storyboard de Wim Wenders). Ils ont particulièrement apprécié la netteté de la typographie, l’épure du dessin – où le choix du bleu vient rehausser des dessins en noir et blanc très bien choisis, le soin apporté au respect des proportions et de l’anatomie, et la recherche d’une mise en page dynamique.

Nous tenons aussi bien sûr à remercier l’incroyable travail des 8 autres bédéistes, dont les BD rejoignent elles aussi la bédéthèque du Climat (https://climatbd.uqo.ca/index.php/bdtheque/). Cette base de donnée participative est la première du genre, puisqu’elle recense les BD francophones traitant de sujets climatiques à destination du grand public, des plus jeunes ou encore d’un lectorat déjà formé à ces questions. La bédéthèque est en accès libre, il n’appartient qu’à vous d’aller y prendre les idées qui vous manquent !

Enfin, nous remercions l’Université du Québec en Outaouais pour son soutien financier sans lequel le projet n’aurait pu avoir lieu.

L’équipe Climat Social : Timothée Fouqueray (Dr. en écologie), Jérôme Dupras (Pr. à l’UQO, économiste écologique) & Sylvain Lemay, Pr. à l’ÉMI (bédéiste lui-même)

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* Voici le témoignage de Laëtitia Marc quant à ses échanges avec la bédéiste :

Dans son dernier livre rédigé en collaboration avec Douglas Abrams, Jane Goodall invite ses lecteur∙ices à trouver des raisons d’espérer (Goodall et Abrams, 2021). Mais face au dernier rapport du GIEC (2022) qui s’alarme de la gravité des conséquences de la crise environnementale, comment ne pas céder à l’écoanxiété? Plus qu’une recherche académique, mon projet doctoral s’inscrit dans cette recherche de l’espoir, dans cette volonté de démontrer qu’une autre voie est possible, une voie plus inclusive, plus holistique, plus émotive aussi. Mes participantes, activistes politiques, artivistes, militantes de terrain se sont livrées, au fil de nos entretiens, sur leurs propres raisons d’espérer. De leur confiance en la résilience de la nature à la force inhérente aux femmes, elles ont souligné l’importance de l’art pour inspirer. La science est moins inclusive (Gaard, 2017), elle paralyse parfois, elle ne touche pas ce cœur émotionnel nécessaire à l’engagement (T. Ayalik, communication personnelle, 27 juillet 2021). L’art, au contraire, émeut, crée l’empathie, s’adresse au monde dans son ensemble. C’est pour cette raison que l’opportunité de vulgariser les résultats préliminaires de ma recherche en m’associant à une artiste bédéiste m’est apparue comme une chance de mettre en valeur ces voix qui m’ont tant inspirée en tant que chercheuse, mais surtout en tant que femme. Je souhaitais par-dessus tout dépasser ce cadre académique passionnant, mais restreint, pour offrir un cadre plus inclusif. À travers la bande dessinée, l’artiste ne vulgarise pas seulement ma recherche. Elle porte les voix militantes, elle montre qu’il existe une raison d’espérer, elle dessine le message engagé de ma thèse : l’écoféminisme anticolonial est la voie vers la justice climatique.

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